d’autres et de « moi »…

» Catégorie : 02 – Citations


Artaud – L’Ombilic des Limbes

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… une issue à la vie, et une raison d’être au monde. Car on ne peut accepter la Vie qu’à condition d’être « Grand », de se sentir à l’origine des phénomènes, tout au moins d’un certain nombre d’entre eux. Sans puissance d’expansion, sans une certaine domination sur les choses, la vie est indéfendable.

Pierre Loti

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Il viendra un temps où la terre sera bien ennuyeuse à habiter, quand on l’aura rendue pareille d’un bout à l’autre, et qu’on ne pourra même plus essayer de voyager pour se distraire un peu…

Artaud – L’ombilic des Limbes

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- Nous sommes quelques uns à cette époque à avoir voulu attenter aux choses, créer en nous des espaces à la vie, des espaces qui n’étaient pas et ne semblaient pas devoir trouver place dans l’espace.

- Je vois dans le fait de jeter le dé et de me lancer dans l’affirmation d’une vérité pressentie, si aléatoire soit-elle, toute la raison de ma vie.

- Me mettre en face de la métaphysique que je me suis faite en fonction de ce néant que je porte.
Sur les routes où mon sang m’entraîne, il ne se peut pas qu’un jour je ne découvre une vérité.

- J’ai le culte non pas du moi mais de la chair, dans le sens sensible du mot chair.

- Je suis homme par mes mains et mes pieds, mon ventre, mon cœur de viande, mon estomac dont les nœuds me rejoignent à la putréfaction de la vie.

Vierge Folle – A. Rimbaud

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Que devenir ? Il n’a pas une connaissance ; il ne travaillera jamais. Il veut vivre somnambule. Seules, sa bonté et sa charité lui donneraient-elles droit dans le monde réel ?

Cantique des cantiques

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Toute l’eau                ne pourra pas                éteindre l’amour                     et des fleuves

                      ne l’effaceront pas

                       Si un homme donnera                tout l’avoir de sa maison             pour l’amour

                          on le méprisera                  on le méprisera

Kundera

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Nous traversons le présent les yeux bandés. Tout au plus pouvons-nous pressentir et deviner ce que nous sommes en train de vivre. Plus tard seulement, quand est dénouée le bandeau et que nous examinons le passé, nous nous rendons compte de ce que nous avons vécu et nous en comprenons le sens.

Kundera

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Selon la lumière dont on le présente, le passé de n’importe lequel d’entre nous peut aussi bien devenir la biographie d’un chef d’Etat bien-aimé que la biographie d’un criminel.

Cioran :

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- On ne peut pas vivre sans mobile. Je n’ai plus de mobile et je vis.

 

- Au paradis, les objets et les êtres assiégés de tous côtés par la lumière, ne projettent pas d’ombre. Autant dire qu’ils manquent de réalité comme tout ce qui est inentamé par les ténèbres et déserté par la mort.

 

- Si on ne s’estime pas investi d’une mission, exister est difficile ; agir, impossible.

 

- Mes infirmités m’ont gâché l’existence, mais c’est grâce à elles que j’existe, que je m’imagine que j’existe.

 

- Il n’est pas de position plus fausse que d’avoir compris et de rester encore en vie.

 

- … on ne peut rester en communion avec soi-même et ses pensées, si on permet on revenants de se manifester, de sévir. Le désert ne signifie pas tant une vie nouvelle que la mort du passé : on s’est enfin évadé de sa propre histoire.

 

- Il est des moments où, si éloignés que nous soyons de toute foi, nous ne concevons que Dieu comme interlocuteur. Nous adresser à quelqu’un d’autre nous semble une impossibilité ou une folie.

La solitude, à son stade extrême, exige une forme de conversation, extrême elle aussi.

 

- Chaque « moi » commence par une fêlure et une révélation.

Cioran :

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- La perception de la précarité hissée au rang de vision, d’expérience mystique.

 

- Qu’on avait raison autrefois de commencer la journée par une prière, par un appel au secours ! Faute de savoir à qui nous adresser, nous finirons par nous prosterner devant la première divinité maboule.

 

- La création, telle qu’elle était, ne valait pas cher ; rafistolée, elle vaut encore moins. Que ne l’a-t-on pas laissée dans sa vérité, dans sa nullité première.

 

- Dieu est, même s’il n’est pas.

 

- Le besoin de nouveauté est le fait d’un gorille fourvoyé.

Cioran :

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- Le cri n’a de sens que dans un univers créé. S’il n’y a pas de créateur, à quoi rime d’attirer l’attention sur soi ?

- Tout succès est infamant : on ne s’en remet jamais, à ses propres yeux s’entend.

Cioran :

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L’inconscience est le secret, le « principe de vie » de la vie. Elle est l’unique recours contre le moi, contre le mal d’être individualisé, contre l’effet débilitant de l’état de conscience, état si redoutable, si dur à affronter, qu’il devrait être réservé aux athlètes seulement.

Cioran :

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- … la seule manière de nous acheminer vers l’universel est de nous occuper uniquement de ce qui nous regarde.

 

- Il tombe sous le sens que Dieu était une solution, et qu’on n’en trouvera jamais une aussi satisfaisante.

 

- Plutôt dans un égout que sur un piédestal.

Cioran :

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- La désagrégation morale lorsqu’on séjourne dans un endroit trop beau. Le moi se dissout au contact du paradis.

C’est sans doute pour éviter ce péril, que le premier homme fit le choix que l’on sait.

 

- Un livre est un suicide différé.

 

- Plus on vit, moins il semble utile d’avoir vécu.

 

- Si je me confirmais à mes convictions les plus intimes, je cesserais de me manifester, de réagir de quelque manière que ce soit. Or je suis encore capable de sensations.

 

- La force dissolvante de la conversation. On comprend pourquoi la méditation et l’action exigent le silence.

Cioran :

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- La liberté sans limites est un attentat contre l’esprit.

 

- Ne regarde ni en avant ni en arrière, regarde en toi-même, sans peur ni regret. Nul ne descend en soi tant qu’il demeure esclave du passé ou de l’avenir.

 

- « Est-ce que j’ai la gueule de quelqu’un qui doit faire quelque chose ici-bas ? »  Voilà ce que j’aurais envie de répondre aux indiscrets qui m’interrogent sur mes activités.

 

- Si je déteste l’homme, je ne pourrais pas dire avec la même facilité : je déteste l’être humain, pour la raison qu’il y a malgré tout dans ce mot être un rien de plein, d’énigmatique et d’attachant, qualités étrangères à l’idée d’homme.

 

- … on a déjà vécu sa vie avant de naître.

 

-         Nous aurions dû être dispensés de traîner un corps. Le fardeau du moi suffisait.