d’autres et de « moi »…

» Catégorie : 03 – Derniers poèmes


Autopsie

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Mes mots sont des scalpels que je plante à ma chair

Pour trouver quelque chose encore inexploré,

Au cœur, à l’aine et sans trop imploré,

Un seul morceau de moi non vendu aux enchères

 

Putain des années mortes ! Que n’ai-je vendu,

Pour un peu de clarté sur mes sombres ornières,

Pour jouir à mon miroir de mon cul sale et fier,

M’endormir au charnier des amours attendues ?

 

J’ai de l’amour en vrac à donner aux passants,

Rien dans mon bric-à-brac qui ne charme un serpent,

Je ne trouve pays, pas un are, un arpent

Où planter ma bannière et mon orgueil cassant.

 

Car je suis l’apatride toujours cheminant,

Tête baissée, la queue basse et le front rougissant.

Vagabond solitaire au verbe pâlissant,

Je suis de la race bovine toujours ruminant.

Aux Icare Dégringolés

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Si tu croises un regard perché sur un sommet,

Si ton cœur se soulève,

Si tes lèvres muettes parlent aux papillons,

Si la mer de nuages t’offre une couche heureuse,

Ne baisse pas les yeux !

Jamais, ô non jamais, ne regarde vers le bas !

Et rit, pleure, dessine un arc en ciel,

Pose un baiser aux pieds des éternelles nuées,

Danse avec aux chevilles des tatouages animées,

Des dragons enchanteurs,

Des tourbillons de vent.

Et rit, et pleure, enivre-toi toujours des éthers vaporeux !

Et pleure, et rit, sempiternellement !

Presse à ton sein, le raisin des vignes rouges

Le grain des vierges folles

La passion et les fruits défendus.

 

Et bois…

 

Mais, n’oublie pas ! Laisse une goutte et du spiritueux

Aux anges assoiffés,

Aux Eternels figés,

Et une encore, aux échoués, brisés

Aux reins des cieux ensanglantés,

Aux Icare dégringolés.

Pieds Nus

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Nous marchâmes sans chaussures.
Aux portes des villes nous arrivions pieds-nus.

Nous avions quitté nos marais,
D’eau douce et de vase endormis.
L’écume avait brodé des fleurs à nos cheveux,
La boue, des tatouages bruns sur nos chairs amoureuses.
Nous fûmes inventer au creuset de l’oubli ;
Echoués de l’Histoire, nous n’étions pas prédits.
Mais nous marchions, debout.
Et la tête et les mains buvant l’éther glacé.
Nous tracions des allées dans les herbes tremblantes,
Nous inventions ensemble, la mélodie du vent.
Les geais nous faisaient don de parures éclatantes :
Des robes aux plumages chantant sous la feuillée.
L’inédit nous drapait de voiles impudiques,
Nous étions nus des vérités et des mensonges,
Libérés des crépuscules ressassés.
Nous n’avions rien donné, ni volé, ni repris ;
Nous étions d’être là, yeux ouverts, mains écloses,
Cœurs battant les sommets des montagnes dressées.
L’épervier dessinait les cimes enneigées, et les crêtes,
Et les sentiers glissant sur la vallée.
Nous buvions aux torrents, aux sources des glaciers ;
Les lèvres peintes en paillettes dorées.
Nous étions nés de toute éternité.
Plus bas, la vague léchait nos empreintes
Déposant à nos pieds ses diamants polis des océans :
Trésors d’enfants ramassés aux seins des rochers.
Nous voguions en pleine voies lactée
Lançant nos avirons pour embrasser la lune.
Nous voguions ivres d’embruns éphémères,
Nos rêves abouchés aux étoiles de mers.
L’éclair nous entrouvrit les arches électriques,
Portes inouïes des incommensurables.
Nous n’avions pas encore embrassé l’aube rouge,
Que déjà les déserts s’offraient : silences éternels, espaces infinis.
Nous allions nonchalants en caravanes bleues
Nous aimer et boire encore au mirage d’un oued.
L’œil s’ouvrit sur les dunes ambrées ;
Aux charmes des serpents dansant
Aux chevilles du temps aboli,
Au faîte des palmiers rêveurs,
A l’encens, aux épices, aux dattes sucrées.
Atlas nous regardait dessiner
Une géographie aimante,
Aux pôles inversés, aux amours magnétiques.
Nous nous laissions porter au traineau des banquises :
Etendues blanches, terre non promises.
L’annonce vierge aux lueurs boréales,
Aux notes infinies, aux chants troublant des géantes des mers.
Nous nous laissions aller au silence étourdissant,
Nous nous vêtîmes du manteau d’océan,
Plongeant aux abîmes ouverts.
Et nous étions encore, de toute éternité.

Bombyx

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Ça y est, je me souviens
Le vide au cœur
Et les lianes au ventre
L’enclume et le marteau
Les yeux cernés d’un bataillon d’insectes
Noirs
Micro ondes fourmillent

Ça y est, je nous souviens
Ma langue étrangement nouée
Aux vapeurs odorantes
Aux râles enivrés
Au bucher des étreintes

Ça y est…
J’ai de la chair bouillie
Grouillant des larves intestines
Grouillant des larmes infestines
Ca y est…

Ça y est, je vous souviens
Vos ailes diaphanes papillonnant ma nuit
Bombyx atomisant mes candeurs soupirantes
Envers, endroit, tisserand d’épouvante.

Maître Temps

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Maître temps
J’en appelle à ce jour
Encore
A ta clémence
J’en appelle au lit offert
A l’infortuné
Au déshérité
J’en appelle au silence de ta couche
J’en appelle au voile de l’oubli
J’en appelle à ta loi
Immuable
Maître temps
Pour me dissoudre encore
En ton éternité
Je t’offre ma veine
Et ma chance ombragée
Je t’offre mon sang
Je t’invite au festin de ma chair
Je supplie l’espace et le moment perdu
De me dissoudre encore aux galaxies lointaines
J’offre l’atome et ma cellule au vide
Et mon noyau ouvert à ta bouche muette
Fais-moi libre électron
D’errance et d’abandon
Maître temps
Je m’en remets encore
A ta dimension
Je m’allonge livré
Au mètre du néant

RE

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Dans le fond, on est tous passés par là.
On se rappelle pas, c’est tout !
Car ça nous a fait mal… sur le coup.
Mais y a pas de raison. Non, y a pas de raison.
Y a juste un cœur qui bat, déjà si fort.
On ne pleure pas, non ! pas encore…
Mais on sait, car on le sent :
Le vent du soir dans la forêt des songes,
Les mots doux sur son ventre,
Les baisers en volées d’ailes de papillons.
On sait le fleuve qui cherche l’océan,
Traversé par des chutes fougueuses.
On connaît la caresse ombrageuse
Des saules silencieux, les pieds noyés
Dans la fraîcheur d’une rivière aimante.
Et l’on aime déjà, bercé
Dans une onde angélique.
On aime de tout son cœur à battre les tambours,
Les peaux toujours tendues des amours païennes.
On aime et l’on craint les orages déchirant
Les ciels bleus, les mers infinies – Tout se tait, enfin…
La pluie frappe à la fenêtre du grand arc-en-ciel.
La pluie lave les pieds des montagnes dressées.
On ne dit pas encore « Je », on se dit : « Nous ».
Mon cœur et le vôtre est à Nous.
On connaîtra bientôt les sombres déchirures,
Le couteau inflexible des séparations,
L’aiguille du temps plantée aux rides des aimés.
Et l’on voudra savoir, les horizons lointains,
Sans se douter encore des écueils amers.
Père, mère, chemins tracés dans une éternité ;
Nous nous baignions alors au même firmament,
Aux nues du grand commencement.
On le comprend le jour, où, si loin de la source,
Egarés dans quelque labyrinthe,
Dans des déserts sans fin,
On se décide enfin à compter à rebours.
Car quand on en peut plus d’appeler au secours,
De jeter au miroir du ciel ce « Je » désemparé ;
Ce Je veux, Je sais, J’ai peur, Je ne comprends plus, Je t’aime, Je te hais ;
Moi – Moi – Toi- Je – Je…
Nous
Car quand on en peut plus d’appeler au secours,
Qu’on abandonne aux pieds des grandes vanités,
Ce qui nous fait de chair désespérée ;
Agenouillés sur quelque rivage abordé,
Nous plongerons enfin aux profondeurs des flots
Sans nous faire épingler au miroir d’argent.

Spectacle hallucinant !
Des myriades de poissons étincelants,
D’anémones écarlates,
Des forêts en corail, bleues, jaunes, inouïes,
Des parapluies flottants, tentacules diaphanes,
Un crabe chahutant des algues lumineuses.
Quand nous aurons plongés, plus qu’un regard,
Dans l’intime berceau de la nativité ;
Saumons étincelants bravant le cours du temps ;
Nous y viendrons encore, enfants émerveillés,
A l’aube de l’hier, au printemps annoncé,
Pour boire à la jarre intarissable,
A l’eau de vie, au vin flamboyant des recommencements.

Il nous faudra sourire pour
Léger
Flotter au fil du temps et se gorger de Joie :
Mère des commencements.

Examen II

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Aide-moi à devenir « un » !
Être un étrange – Être ange

S’est accomplie déjà la grande déchirure
au lieu de la séparation,
là même où nous avions aboli toutes les intempéries,
où nous avions tu l’espace et le temps, d’un battement de cil,
pour épouser l’ineffable silence.

Aide-moi au seuil de l’ultime voyage,
au jour qui point d’une Rouge Naissance
et tout sanglant encore d’étreintes amoureuses.

Aide-moi, soulage-moi des voeux d’altérité,
soustrait-moi du pluriel altéré.
Combien déjà : Père, mère, amis et amours
façonnèrent l’édifice odieux de mes grands oripeaux ?
La dislocation résonne dans le temple.
Mes grandes passions embrasent les tentures :
infernales chimères,
drapeaux des patries… infanticides.

Au coeur de la fournaise, le ver à soie s’ébat,
il s’invente des ailes qui ne riment à rien
pour oser l’inédit dans l’oeuf que vous couvez
sans relâche : vous vouliez l’étouffer !

L’heure est en marche vers l’éclosion fatale,
où je boirai les eaux de ma nativité
(celle-là qui m’ont fait ruisseau du temporel)
pour embrasser d’un trait l’embouchure et la source.

Étrange paradoxe de l’un né du pluriel,
intime confession au seuil de nos adieux :
J’ai tout vécu avant de naître,
vous le vouliez ainsi.

Je m’invente aujourd’hui de cette déchirure
et m’extrait, inédit,
pour une éternité.

Les trois rouages de rois mages

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Or massif
qu’on Mire et qu’on Encense

l’Etoile est plus précieuse encore

aux berges éloignées
il nous faudrait nager mille lieues de désert
Narcisses Embaumant crépuscules lunaires
pour voir aube naissante et saint oint

Or, c’est au grand encensoir que l’on se mire.

A Judas Iscariote

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Couché sur mon sein, enlacés l’un à l’autre,
Nos chairs dessinaient, à la lueur des bougies,
l’ombre d’une croix.

Je l’embrassais…
Il se tenait comme un enfant blotti contre sa mère.
A sa bouche offerte, je déposai mon baiser.
Mon amour le pénétra, ouvrant la brèche des passions :
Le tourment de nos amours charnelles, nous condamnait au couperet du temps ;
Nous ne trouverions plus le repos…
Je lui dis : « Ce que tu fais, fais le vite. »

Or, je le savais au Paradis.
Lorsque je lui offris de goûter mon amour ;
Lui dévoilant mon coeur ; je le livrais, nu, à l’Enfer des chaînes.
Ce qu’il devrait faire maintenant…
Qu’il le fasse vite !

Mes sentiments sont pour lui,
Le lui prouvant,
je nous condamne à la pire mort :
celle de la déchirure terrestre, de la séparation.

« Diable ! ce que tu fais, fais le vite »

Au disciple couché sur son sein,
Celui-là qu’il aimait,
il donna le morceau trempé :
Satan entra.

Mater Misericordiae

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Feuille salie, maculée de crasse graisseuse,
Sauras-tu accueillir quelques mots innocents ?

Toi, la dernière page,
Vierge tâchée,
De mon carnet d’espoir,
Sauras-tu soutenir les pensées trop épaisses en mon âme esseulée ?

Toi, prisonnière au carnet à spirale ,
Parquée, quadrillée,
Géométriquement tyrannisée,
M’ouvriras-tu ce soir la porte des possibles ?

Sainte amarrée à ma berge endeuillée,
Unique de ma foi, accueille la prière d’un orphelin du Ciel.

Je dépose à l’autel de ta miséricorde
l’encre noir de mes supplications.

Envie d’écrire

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L’Envie d’écrire, l’envie qui prend le temps, qui s’éprend, qui s’étend, qui s’étire en soupirs, en silence, sans mots dire, qui délie, qui relie.

L’Envie d’écrire et de relire en traits d’union tes yeux, ton sourire et ta bouche.

Envie de rire en points de suspension, accrocher tes sourires aux portées éphémères.
Décrocher les mystères aux matins d’Oméga.
S’évenouir encore à l’Alpha de te vie.

L’Envie d’écrire, de l’écrire à ta peau découverte. Tatouer au point d’élévation ton âme recouverte.

Ecrire en Vie !

Le trou

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Le trou


 

Chouf ! Chouf ! la roue

Regarde au fond du trou

La roue ne tourne pas

La roue ne tourne plus

 

Ici, le temps s’est tu

Ici, on tue le temps

Les passants ne pass’ plus

Tout, un, chacun assis

Ne voit pas, ne voit plus, oublie

 

Y a même celui qui prie

Le prix n’est pas le même

A la fin qui supplie

Y a celui qui se plie

Mais n’est jamais empli

 

Chouf ! Chouf ! la roue

Regarde au fond du trou

La roue ne tourne pas

La roue ne tourne plus

 

Après tout on se dit

Tout est dit mais après

Dans le fond, c’est la vie

D’où je viens, où je suis

Où je vais : je survie !

 

Y a celui qui se dit

Qui se dédie de lui

Pis celui qui maudit

Celui-là qui s’endort

Et l’autre tête encore

 

Chouf ! Chouf ! la roue

Regarde au fond du trou

La roue ne tourne pas

La roue ne tourne plus

 

Mais au trou, dans le fond

Mais au fond, dans le trou

Si chacun se confond

C’est dans l’universelle

Nostalgie maternelle

 

Et comme on aime encore

Encore et comme on aime

Dans un dernier effort

On soulève son corps

Titubant jusqu’au port

 

Chouf ! Chouf ! la mer

Bateau ivre à la mer !

Tourne, tourne la tête

Flotte, flotte la terre.

Essaouira souffle

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Essaouira Souffle

 

Refrain

Passe, passe le temps

Passe, passe le vent

Essaouira

Souffle ton cœur

Essaouira

Souffle ton cœur

 

Un air se joue dans les ruelles

Une voix qui traverse et appelle

De portes en portes, il cherche celle

Il chante encore et se rappelle

 

Aux volets bleus du souvenir

Accroche une note, un soupir

Et chante sans demi-mesure

Son amour et sa cassure

 

Passe, passe le temps

Passe, passe le vent

Essaouira

Souffle ton cœur

Essaouira

Souffle ton cœur

 

Mais sa musique monte encore

Et de la Sqala jusqu’au port

Une sirène jette un sort

Au matin bleu pleure l’aurore

 

Vibre ton cœur de musicien

Au contre temps du désespoir

Car tu traceras magicien

La route à la portée d’espoir

 

Passe, passe le temps

Passe, passe le vent

Essaouira

Souffle ton cœur

Essaouira

Souffle ton cœur

  

N’entends-tu pas le soir venu

Te rejoindre tes frères émus

Esclaves d’un unique amour

Fils de la musique toujours

 

Alors vibre encore guitare

Il ne sera jamais trop tard

Pour voir aux harmonies du soir

Monter en chœur un autre espoir

 

Passe, passe le temps

Passe, passe le vent

Essaouira

Souffle ton cœur

Essaouira

Souffle ton cœur

 

Chante gembri, frappe crotale

Reviens du large une rafale

L’annonce d’un nouvel alisé

Qui soignera ton cœur brisé

 

Une larme pleut sur la ville

En ré majeur et Mogador

Quand de la forêt jusqu’aux îles

C’est l’heure, Essaouira s’endort

La Chute

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La chute


 

 

Dès lors, je descendis la rue en libre chute

Amoureux et perdu, amoureux éperdu.

Mais je n’en avais pas, non, pas de parachute !

Amoureux et perdu, amoureux éperdu.

 

J’avais juste le temps que nous avions perdu

Qui me poussait devant, qui me pressait le sang.

Mais devant, je n’avais ni le temps, ni l’espace,

Ni l’envie, ni la vie, ni l’ombre de moi-même.

 

Aveugle, j’espérais l’infini précipice ;

J’espérais une vague submergeant les fièvres ;

Un brouillard plus épais qu’une sombre espérance,

Une nuit retrouvée de toute éternité.

 

Dès lors, je descendis la rue en libre chute

Amoureux et perdu, amoureux éperdu.

Mais je n’en avais pas, non, pas de parachute !

Amoureux et perdu, amoureux éperdu.

 

J’espérais une brèche, une fissure au mur

De la foule et son flux. Un abîme, une faille

Qui saurait d’un seul trait, boire tout le tumulte

Et la cacophonie du monde délirant.

 

Lors, j’appelai la mort au secours, au secours !

Or sourde à mes vœux stériles, je décidai

Là, de m’abandonner au seul refuge creusé

Au bitume, à l’asphalte brûlante… un trou !

 

Dès lors, je m’arrêtai dans une chute libre

Amoureux éperdu, amoureux et pendu

A la falaise étroite de mes amours ivres

Amoureux et pendu, amoureux éperdu.

 

Un trou béant creusé par les années défuntes,

Seul égout pour nos cœurs dégorgeant leur misère.

Un trou, bouche assoiffée d’infernales chimères,

Un trou toujours dressé du royaume des morts.

 

Un trou bouche d’égout pour y vomir le sort,

Un trou pour réconfort au creux de ma mémoire,

Un trou stupide pour le dire encore, plus fort,

Pour te le dire à toi, pour te maudire encore.

 

Dès lors, je m’arrêtai dans une chute libre

Amoureux éperdu, amoureux et pendu

A la falaise étroite de mes amours ivres

Amoureux et pendu, amoureux éperdu.

A la tienne !

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Ils nous ont tué dieu !

Et maintenant ?

Et nous ?

                        Libres !

Qui tuons-nous ?

Parce qu’il est de notre espèce,

Le pouvoir de tuer

                        Le plus faible                de tuer

                        Le Père.

Le temps nous prête sa force !

Qui tuerons-nous ?

Devenus pères et fils mais sans Saint Esprit !

Tuer le fils ?     Peut-être…

Ultime transgression pour l’ultime voyage.

Car nous aurons enfin de grands bois sur nos fronts,

Et nous ferons au printemps revenu

Un feuillage plus tendre,

Vert et de lumière. Les pieds plantés

Dans les espaces. Constellés de nos rêves.

Et des branches tendues aux profondeurs célestes.

Nous serons faits de sève et recouverts de mousse,

De lichens orangés jusqu’aux grappes sanguines.

Vin flamboyant des communions. Sang nouveau ! Sanctus !

La mémoire à l’amer

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J’ai laissé mon empreinte au ciel encore ouvert

Juste avant qu’on ne ferme les portes du temps

J’ai offert à ton cœur des rêves découverts

Juste un baiser d’amant au soir des vœux d’antan

 

Je t’attends aux créneaux des murailles défaites

Je m’étreins à l’espoir du rêve de renaître

J’ai tu les incendies des veillées et des fêtes

J’ai fait la nuit toujours pour le jour à paraître

 

J’ai vu la mer enfouie aux abîmes nocturnes

Jeter de longs échos aux cieux capitonnés

J’ai plié le genou sur la plage et son urne

J’ai prié du supplice de l’abandonné

 

Toi tu n’as plus de cœur à mes points cardinaux

Tu ne joins plus tes pleurs aux péchés capitaux

Tu m’as fait de silence et de grands oripeaux

Toujours tu quitteras mes espoirs matinaux

 

Mourir le souvenir des joies trop éphémères

Murer, taire et re-taire les désirs obstinés

Maintenir le néant au sourire somnifère

Maintenant, à jamais et pour l’éternité

Joyeux anniversaire

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Rencontre fugitive… d’hier et d’aujourd’hui
Pour inventer encore
Réinventer demain…

Au féminin, au masculin
Dans l’obscure clarté
Dans l’ici et l’ailleurs
Au pluriel, au singulier

Réinventer l’amour ?
Une terre promise…
Les uns, les autres…
Une promesse pieuse « inch’allah »

A naitre d’un cantique biblique et érotique et d’une Saison en Enfer.
D’une éclipse… à l’entre-jour de l’enfer, au palier du paradis.

De moi à vous, de vous à moi…
L’abolition des purgatoires.
Un regain innocent de chair et d’esprit.
Un bourgeon d’espoir et de foi, d’aveu de Rose au Cœur.
Une invitation à la Veillée de l’Avant qu’on fêtera jusqu’à l’Après.

Combien déjà ? 1600, 2000, 5000 ans d’histoire.
Il était une fois… L’homme ! Joyeux anniversaire !

Une étoile filante ! un vœu, vite, un vœu ! Faites vos vœux !

L’amour est à réinventer… ma foi !

Examen

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Examen…

 

Ex Térieur

Ex Plose

Ex Pulse

 

Ex Iste

 

Ainsi soit-il…

 

            Ex Amen

Lux !

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Lucidité : quel éclat glacial !

L’autre versant de la lumière est l’hiver infernal.

Y plonger le regard, une fois, et s’y brûler les yeux.

On en revient aveugle… plus rien !

Le tangible se courbe.

Fiat lux…

La forme se déforme et l’existant se pare

Du spectre mensonger de l’être.

L’innommable s’énonce en étranges valeurs :

Impudique solfège.

La peau qu’on savourait de grains ou les lèvres muettes. Tout s’endort couvert de couleurs abstraites :

Rose, brun, chair violacée… Game assourdissante !

Le préexistant, l’annonce, la promesse se meurent.

Ô ! L’innocence aveugle de l’avant premier jour ! De la matière en fusion, du plein vide du temps.

Tout s’éloigne ! Démantelé !

La main, plus jamais ne décrochera les étoiles.

Re – Naître Fou.

Comédia

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« Avec le temps… on n’aime plus »

La très grande illusion

De la compromission

Un et un ne feront jamais deux

Deux fois un tout au plus

Et parfois, parfois

Trois, ou quatre, ou cinq

Mais donc, les uns, les uns les autres

                        les uns des autres

Même combat ?

Toi, toi, toi       et toi

                        et moi

                                   on s’arrange

                                   on s’accommode

 

Le crabe recule quand la mer se retire

Et l’on refait toujours ce que l’on a défait

Une maille à l’endroit, une maille à l’envers

On tricote nos vies de courage insolent

Grande bravoure

                        et très grande amnésie

 

Qui étais-je et qui serai-je ?

Je suis…

            Déjà passé et pas encore

 

Pour seule vérité

            Je veux, je ne veux pas

            Je peux, je ne peux pas

                        Aujourd’hui, maintenant

 

Hier, demain : « Je est un autre »

 

Et là : j’écris, je me pense, mais…

            Suis-je ?

 

Essayons… Je SUIS…

Quelle farce ! hahaha !

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