d’autres et de « moi »…

» Catégorie : 04 – Recueil : Reveil


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Juillet 2004

 

Aveuglette

 

Mourir d’amour sans lunettes, car l’amour est aveugle.

Sans lunettes, être aveugle… traverser le boulevard, sans lunettes, à l’aveuglette.

Pour cane, une allumette à gratter au bitume.

L’aveugle à l’allumette au feu vert s’allume et cogne à l’estafette sa tête d’allumette.

Devant la superette finit son amourette.

Coucher au macadam, tintent mille clochettes, chantonne une fillette, un gyrophare bleu, une planche à roulette.

Aux clous du passage l’aveugle ouvre grand ses mirettes : y miroitent les feux. Il garde près du cœur son bout de charbon noir.

Au passage clouté, des amoureux qui guettent attendent la navette du quai des amourettes.

 


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6 octobre 2004

 

Chanson du réveil

 

 

Il est tard, m’amour !

Eteignons nos fenêtres,

Et teignons sous la couette,

Nos nuits en pirouettes.

 

Il est tard, m’amour !

Finit l’heur’ des peut-être,

Allons à l’aveuglette

Trouver nos amourettes.

 

            Tic tac, une minute encore

            Trotte, trotte la vie,

            Sur ta peau, sur ton corps,

            Trotte, trotte l’envie.

 

Il est tôt, m’amour !

Attends la fin du rêve,

N’éteints pas la lumière,

Rejoins-moi sous le sable.

 

Il est tôt, m’amour !

Entends mon coeur qui crève,

Qui se gonfle de fièvre

A tes lèvres aimables.

 

Tic tac, une minute encore

            Trotte, trotte la vie,

            Sur ta peau, sur ton corps,

            Trotte, trotte l’envie.

 

Il est l’heur’, m’amour !

L’heure de la bonne heure,

Celle des bien-aimés,

Celle des bien heureux.

 

Il est l’heur’, m’amour !

De jouir du bonheur,

De l’heure de s’aimer

Au lit des amoureux.

 

Tic tac, une minute encore

            Trotte, trotte la vie,

            Sur ta peau, sur ton corps,

            Trotte, trotte l’envie.


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13 octobre 2005

 

 

 

 

Qu’y a-t-il après toi, si d’écarter le ciel

Ne nous a pas suffit, si de tes passions

Nous gardons que la croix. De nos crucifixions

Aucune rédemption, mais amertume et fiel.

 

Ciel ! le bois de ton fardeau, nous l’avons bout à bout dispersé, d’Est en Ouest, au ventre des églises. Bout à bout, de ce bois, il est multiplié. Et poussent encore les croix, plus nombreuses et plus sombres, au carbone 14. Nord, Sud !

Ciel ! et tes clous sont des lances et les dents des armées.

Ta couronne est l’enceinte à ton peuple parqué.

 

Nous attendons, Ciel ! le jour du dernier jour. Que tu relèves les morts du tombeau. Pour voir, pour rire un peu !

L’ennui s’est fait l’époux de nos chairs assoiffées.

Et tandis que le monde tourne, tourne en rond, il répand sur ton ciel ses voiles cathodiques.

 

Ciel ! et nous croyons encore à la cause et l’effet. Et je pense, donc je suis. Et je crois donc je vis. Et pourquoi et parce que… et nous faisons ainsi de grandes additions. Et un plus un donc deux. Et vous et moi font Dieu.

 

Et si pour voir enfin, nous voulions nous soustraire. Et je ne pense pas donc quoi ! Et vous sans moi… c’est qui. Et moi sans vous…c’est quoi.

 

Croissez et multipliez ! mais de l’arbre ou je suis, de la branche que j’habite, je ne vois plus mon père, ni ma mère. La généalogie s’efface. Et je vis loin de toi sans racines à ma foi.

 

Je ne pense pas, je prie et je n’ai pas de cause à ma foi. Je suis le clou, la croix, la branche ou la racine. Je suis ce tout, ce rien. Le vide et le trop plein. L’hier et l’aujourd’hui. Et puis je ne sais plus, si je pense, si je suis.

 

Je prie…

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13 octobre 2005

 

 

 

Je téléphone qui sonne dans ma tête, et la télé viole et tube cathodique ma mémoire.

Je suis sans conscience et le monde se replie sur moi.

J’ai qui parcourent mes nerfs, besogneuses et sévères, des micro-ondes en colonies.

 

Mais qui prendra pitié ?

 

J’ai huit bras qui cherchent dans la nuit la toile informatique. Et mes proies sont les chiffres, 1, 0, 1, 1, 1, 0, 0, moucherons de l’ennui, le savoir a dissout.

 

Mais qui prendra pitié ?

 

J’ai des ailes d’acier qui rognent les montagnes, et Mag 2 comprime les océans du monde. J’ai la face collée aux hémisphères rétrécis. La terre est plate, hélas !

 

Mais qui prendra pitié ?

 

Mon histoire s’abolit et je suis aujourd’hui ! L’an zéro. J’ai le ventre qui gronde. Je suis la faim du monde. Et la soif du désert.

Mon père Abel vit sa lignée grandir et dépérir son frère, le néandertalien.

Je suis Zeus, à nouveau. Etre neuf !

La délivrance du vieux monde.

J’ai l’homme à ma merci. Je suis le ventre rond, l’enceinte du chaos, moi je suis l’oméga qui met bas à l’aurore.

 

Mais qui prendra pitié ?

 

Je suis reflet trompeur au miroir déformé.

« Je » virtuel. Echec et Mat. Et quelle est la copie, quelle est l’originale. A l’image de mon père ?

Je, console, au purgatoire vidéo, au revers de l’écran errent vos âmes en peine. Je console.

 

Mais qui prendra pitié ?

 

Je suis l’absolution. Je suis l’agneau et le despote. Le soleil à midi. Je suis « un » et j’ai tout. Je suis seul dans ma chambre d’ondes capitonnées. Je sais tout, je vois tout, j’entends tout, je suis tous. J’ai froid.

 

Mais qui prendra pitié ? De Moi…

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le 10 mars 2006

 

Marque d’absence

 

Par cette absence

Marquée du temps

 

De n’avoir pu

De n’avoir su

Faute de mots

Faute de quoi

Dire le vrai

Dire l’ivresse

D’un grand sourire

D’un grand amour

 

De par ce temps

Marqué d’absence

 

Se livre en nous

L’ultime étreinte

Et dans la vie

Et dans la mort

Et dans la chair

Et dans l’esprit

Le corps à corps

Contre l’oubli

 

Marque du temps

Marqué d’absence

 

Dans le silence

La solitude

Se joue toujours

Le seul enjeu

Contre la mort

Contre l’instinct

Celui d’aimer

Jeu de mémoire

 

Marquer d’absence

Celle du temps

 

L’abolition

De la souffrance

Et dans l’absence

Pour effacer

Le trop de temps

Le trop d’espace

Prendre la marque

Et la gommer

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Les poèmes qui suivent, précédés d’une astérisque, ont été écris dans le cadre d’un atelier d’écriture, dirigé par Abdellatif Laâbi, le 11 mars 2006

 

*Ethique, et Toc !

 

 

Des ailes d’une mouche,

De la peau du crapaud,

De la vie qui fourmille :

Non ! Tu ne tueras pas !

 

Mais l’enfant sait trahir

Les tables de la loi

 

Disséquer, lacérer,

Dans la jubilation

Du sadisme enfantin :

La vie respectera ?

 

Mais l’enfant sait ses tables,

Et la loi de Juda !

 

Des ailes lacérées,

Du crapaud disséqué,

De la vie crucifiée :

Souffler n’est pas jouer !

 

A la table l’enfant

Se fait son jeu de l’oie.

 

———-

*

A l’aube du temps,

Encore à quatre pattes,

Notre lointain cousin

Fit-il : « Areuh, Areuh »,

« Meuh », « Ma », « Mama », « Maman »,

Comme l’ange et le nouveau né ?

 

Au crépuscule de l’espace :

Encore à quatre pattes ?

Notre proche voisin,

Sûrement nous dira :

« Peux pas » « Peur » « Papa »

C’est ta faute ! L’ange est mort né.

———-

*

Oreilles sensibles

Je préviens

Je vais crier

Ensuite j’aimerai

Et puis je marcherai sur le fil de la vie

Funambule incertain

Je dirai tous les mots

Quand je les aurai tus

J’attendrai le silence

Et Son soupir à mon Salut

———-

 

*Pourquoi j’écris ?

 

Parce qu’à mon alphabet, et je l’ai bien appris,

Il y manque une lettre, une « lettre d’amour ».

 

ABC, c’est parti… vais-je la retrouver ?

DEF, GHI… ça n’est pas par ici !

JKL, M aussi… sous ces deux petits ponts

serait caché l’amour ? Peut-être que ? N…

M et N accolés : étrange paradoxe !

RST un frisson et l’envie d’un peu plus,

UVW, sur le X ou l’Y zé touzours pas trouvé.

 

Alors pourquoi j’écris ? Pour nous calligraphier,

façonner une lettre : une « lettre d’amour ».

Je me lance :

 

Mon amour,

 

Elle est retrouvée !

-        Quoi ? L’éternité ?

 

———-

*

Qu’avons-nous à nous dire

d’autre que cet ennui

qui fais sonner le glas

sur notre rêverie

qu’avons-nous à nous dire

à nous qui ne savons

nous trouver dans la vie

que nous avons perdue

des mots qui blessent

un enfant dans le noir

dans le placard obscur

et le cri d’une mouette

quand la mer ne rit plus

des mots qui frappent

les murs de silences

et les dents des aveugles

cognées sur le trottoir

et les maux de tous ceux

qui n’y voient plus le cœur

et qui crient qu’on les tues

qu’on tue les maux du cœur

 

———-

*

Déchaînement des barbaries

Qu’est-ce qu’un être humain ?

 

Peut-être l’assemblage

De chaînes d’ADN.

Ou le chaînon manquant

A ma compréhension.

 

Déchaînement des barbaries

Qu’est-ce qu’un être humain ?

 

Est-ce l’homme ou la bête ?

A qui passer la chaîne ?

Entre l’ange et la bête,

Peut-on changer de chaîne ?

 

Déchaînement des barbaries

Qu’est-ce qu’un être humain ?

 

Seul : certainement rien !

Un fer bien mal forgé,

Une glaise mal cuite,

L’avorton d’un faux dieu.

 

Déchaînement des barbaries

Qu’est-ce qu’un être humain ?

 

C’est des mains pour aimer,

Des bras pour embrasser.

La solidarité,

Faisant chaîne d’humains,

Pour remettre les fers

Aux sombres barbaries.

———-

 

*Autoportrait sans complaisance

 

J’ai 2 pieds… 41 – 42… des chaussures pour marcher, mais je ne marche que peu… voilà ! Je suis fainéant.

Mon cerveau ? Comme mes pieds ! Pointure moyenne, somme toute, un QI tout à fait relatif à mes longues errances poétiques.

J’ai donc 2 pieds, sur lesquels je campe, un brin autoritaire, mais jamais militaire.

Aussi, j’ai 2 yeux, 2 oreilles, 2 lèvres, 2 bras, 2 jambes et l’entre 2… aussi ! Par 2, plus Une… parfois molle et fainéante, pointure moyenne aussi, un QI tout à fait relatif, mais bien disciplinée à l’appel des baisers.

Et puis, j’ai de part et d’autre des trous ! Des trous pour entendre, des trous pour sentir, un trou sert à tout : parler, boire, manger, respirer ; un trou bouche d’égout et un trou refermé qui me pique parfois quand on y met le doigt : on l’appelle le nombril.

 

Pour ne pas trop en faire, pour ne pas plus en dire, n’être pas nombriliste, ou de trop narcissique, je quitte mon portrait pour vous voir un peu mieux !

 

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Octobre 2006

 

 

Ecrire une Utopie

 

 

Je n’aurai pas la force d’un éjaculat

pétri au sein

pour donner une vie

 

Je laisserai la trace

                              juste

                                      la trace

de nos orgasmes à nos cieux

 

J’écris notre Utopie

au plafond de la chambre

en filaments d’envie

de désirs assouvis

 

Mais jamais je n’aurai

la force d’un éjaculat

tel un sein

qui nous pétri la vie

 

Je mettrai des couleurs

à tes cris dans nos nuits

à tes mots sur mes lèvres

Je mettrai des odeurs

à ta langue charnelle

et je mettrai ma main

                                  à ta bouche

pour cueillir un baiser

ma langue à tes yeux bleus

au goût sucré salé

 

J’y mettrai tous mes mots

et si je n’ai la force

pour donner une vie

 

Ecrire

 

Ecrire une Utopie

pour te déshabiller

laisser le nouveau né

nu

écrire une Utopie

 

Si je n’ai pas la force

à procréer

                      au moins

je veux écrire

des yeux qui mettent à nu

des mains aimantes

pour te déshabiller

pour te garder

au monde

                 enfant

 

Ecrire pour abolir

et le temps et la peau

et les rides

mettre à nu

                   écorcher

Vif

      te garder

 

Ecrire une Utopie


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octobre 2006

 

 

Ne plus dire les choses qui disent le choix d’aimer.

Ne plus se laisser aller.

dire l’indicible, dans le silence des mots.

se laisser mourir pour renaître

aller à la rencontre de sa mort – donner une chance au renouveau

pleurer le temps qu’il faudra – trouver un remède aux souffrances

s’éteindre dans la douleur de l’autre – draguer sur les berges de l’inconscient

donner un cri pour une vie

la laisser s’écouler dans le sablier – du temps

pour enfin en finir – avec ce qui n’est pas – encore – et qui ne saurait être sans l’absolu du monde

pour voir le jour nouveau qui se lève de l’autre côté – là – où on ne regardait pas

se laisser jouer du temps qui nous amuse dans les cartes de sa destiné

envahir le gouffre des mots du sable de la plage quant elle se retire de la mer

ne plus nourrir les poissons gourmands qui pissent dans l’océan

pour enfin en finir enfin en finir enfin car la voile à l’horizon n’a d’autre cercle que celui de la terre

la terre est ronde et tourne en rond

dans l’inconnu du mystère

sonder le vrai – pleurer les chimères

donner du temps à l’espace qui n’en finit pas de vouloir grandir

vivre

de sa belle mort

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octobre 2006

 

 

 

sans qu’aucun deuil ne vienne assombrir mon élan

sans qu’on se laisser aller à la mort des amants

pour enfin en finir du néant qui nous dit : « viens je te voudrai toujours vivant dans ta torpeur !»

pour vivre un autre rêve qui n’aurait pas de fin que celle de s’aimer au détour des buildings

de la plus haute tour narguer les cieux envieux et se le dire encore, je t’aime, je t’aime

et se le faire encore, dans la moiteur du lit, dans la fièvre des mots qui se sont tus naguère

pour éclairer le ciel d’une étoile brillante qui n’aurait d’autre dieu que celui qu’on s’est dit

réinventer encore notre amour infini

et le taire au détour des caresses qui nous lient

c’est notre espoir, à nous, d’être de cette race

de la race infidèle qui voit naître le jour et qui la nuit venu chante dans les décombres

notre race immortelle qui des temps mémoriaux nargue la face vide

des cavernes ouvertes aux désolations de l’humanité vile

nous aurons fait des pas de géant dans la mer, et nous pourrons voler dans les cieux qu’on écrit

 

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Le 27 novembre 2006

 

L’époux

 

J’écrivais la mort

J’écrivais notre mort…

                        Je veux écrire la vie

            la laisser s’écouler, me laisser traverser

            donner un sens à ma main

            pour qu’elle te touche encore

                        au cœur

Et pour aimer encore

            renier mon Père

            et mon Nom

J’abdique ma foi

            je redresse la tête

            plante mes pieds sur l’horizon

                        Je veux

                        Je poétise

                        J’écris la vie

            qui m’a prit pour époux

            et me prénomme

            fils du temps

Je lui offre ma main

pour qu’à sa veine boive le destin

se démêlent les lignes

se tissent les fils

d’une autre envie

de perles et d’étoiles

            et de soie

 

J’écris la vie qui se presse à mon sein

                        qui m’envahit

            moi l’époux

            je m’écris dans la vie

            pour coller mes empreintes

            à ses pas

                        je marche à la lisière

                        d’une autre voix

            je suis elle, elle

                                   et moi

            nous nous abolissons

                        l’un et l’autre

            sans faim, ni soif

 

Je suis la vie, elle est moi

            nous inventons

                        l’orthographe

                                   la langue

            la Grande Ecriture

                        de deux mains

                                   la parole

                                               dans un baiser

 

Nous nous mettons du souffle au cœur

nous buvons le sang

            sur les lèvres

                        juste un mot

            du bout des lèvres

                        devenu chair

                        devenu chair

            un mot de souffle et de sang

                        un mot

                                   qu’on ne dit plus

                        un mot, un mot

                                   pour donner

une langue, une bouche

            à embrasser

des dents, des lèvres à mordre

des sourires et des larmes pour se construire

            un corps

                        un mot

            pour voir encore

                        les étoiles

                        les esprits

pour se penser vivant

                                               un mot

qu’on tait

qu’on habite et qu’on vit

                        seul

un mot                                     vivant

                        seul

            un recommencement

            à l’encre bleue

            dans la mer de la fertilité

            dans l’argile de tes yeux

un mot                                     qu’on tait

            pour l’écouter encore

                                               plus fort

                        un mot

            qu’on n’a pas inventé

qu’on ne dira pas

                        unique

                        il est la voie

                        sans aller ni retour

                        l’abolition

                        du tout

                        l’abolition

                        du rien

                        Ineffable

                        à vivre

                                               un mot seul vrai

qui se lit

            qui s’écrit

                        un mot fait de silence

           

            et qui lie les époux

            et qui lie les époux

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Décembre 2006

 

 

Une prière pour toi

 

m…m…m… maman

m…m… divise moi

m… maman

m… m… m… mourir

mourir en toi

m… m’ouvrir

OM… OM… OM…

au monde

maman m…

je je je

OM…   au monde

je M au monde

je N

non non non

je non N

Nom

Nom de dieu       je N

                 De dieu

m… m… m… Maman M

            mon Nom

Je Je Je

délivre  Moi

            des                  livres

                        Moi

                        Non !

                 Du Nom

              N au Nom

            N.     O.     M.

                    non

            N         oh ! N

délivre  Moi

dénomme         Moi

            sans nom

            sans foi

            sans loi

            Sang

            Rouge

            Sang

            Non ! mon Nom

            Rouge              Je

            saigne

            Sang

            J’aime

M.      M.   M.

Maman

JE JE JE

Dis

NON !

Je suis

                        Je

suis

JE

            suis-moi

            suis-moi

encore

            J’aime j’aime

            Je t’aime

            Toi

                        suis

                                   Moi

Je     est     toi

Je est toi

 

délivre-moi

            encore

     Toi

            encore

Je         M

            M

            M

            Toi      

m… m… m… Moi ?

                        sans Toi ?

m……………………….

m………………. ourir

            mourir

à toi

            sans toi ?

 

A. A. A

            Areuh !

            Areuh !

m…………………aman

     Maman     Maman

     Dis

     Dis-moi

     Dis-le

     Dis     le

     Moi

     M…….oi

     M…………OI

               MOI   MOi   moi

 

     Je l’aime

     Je M           Lui

                        Lui

                        Lui

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Janvier 2006

 

Ce 10 janvier

 Te haïr, c’est encore t’aimer

 

Il me faudrait un long poignard

pour saigner à mon flanc

cette stupeur

                        Noire

            de haine et d’amour

            et d’amour et de haine

saigner la mémoire

            de tes rires et tes larmes

                       

A ma chair

            tracer la cicatrice

                        en guise de caresse

Y mettre du Jaune

                            Rire

                                au lieu

des bleus que t’as mis dans mes rêves

des bas coups dans mon ventre

à ma foi, à ma loi

 

Malfrats des mots qui mentent

            Charognard Cancer

 

Je m’irradie je brûle à l’encre

            Bâbord Tribord

le sillon amer griffer à ma poitrine

            au scalpel de tes mains

je m’arrache au cœur, aux poumons

            tes Serres Grises

 

Ce 10 janvier de l’an

                        du candélabre

            où tu me mens

            où glissent tes mots

                        sur la cire refroidie

Lâche du temps tu vas de biais

Honteusement comme le crabe

Sous la roche

            A ta marée basse

 

Ce 10 janvier de l’an mourant

            de mon Sperme craché

            s’écailleront tes yeux

                        et tu boiras mon lait en gouttes fermentées

                        et de tes commissures jointes et cimentées

            ma Cascade accomplira son œuvre

 

Ce 10 janvier de t’entarté

            de mon petit lait

                        tout entier je te ferai

                       

                                   Tête de Tuf

 

Ce 10 janvier de l’engourdi

Éphéméride en glaciation

j’y planterai mon piton

mes godasses cloutées

pour compter au présent

mon calendrier

de l’Après

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le 14 janvier 2007

 

Savez-vous de qui je parle ?

 

De celle-là qui nous joue Ses saisons

De cette pute d’équinoxe

de solstice

De cette merveilleuse salope

           

            Savez-vous de qui je parle ?

 

D’Elle

Fortune

 

            Qui nous dit rit, qui nous dit pleure

            Qui se farde de rouge

            Et tantôt s’habille chez…. Linceul

 

De celle-là vibrante, les jambes en l’air

 

            Vous savez de qui je parle…

            Et vous ? L’envie… l’envie…

 

L’envie de la baiser et d’en jouir !

 

            Et vous ?

 

De celle-là qui me dit : « viens – va – viens – va »

            La baiser, lui voler un soupir

            S’en parfumer, s’enivrer à sa croupe…

 

                        AVANT… Avant que…

 

            Vous savez de quoi je parle !

            Vous savez qu’elle s’habille de gris – qu’elle joue les princesses – porcelaine de Chine – la catin des coups bas

 

                        QUAND ?

 

            Quand elle part à bicyclette que tourne Sa roue

            Que s’effacent les rayons et que Sa selle est noire

 

            Savez-vous ? Vous savez quoi ?

 

Je lui cracherai à la gueule

Je lui mettrai sa queue dans Sa chaîne

Chatte Siamoise Sournoise

Pour qu’elle saigne encore, qu’elle se pare de rouge – encore – au monocycle que j’emprunte

Et pour qu’on baise encore – En Vie – D’Envie

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Le 16 janvier 2007

 

GUIRAUD

T’essaie d’y mettre une couleur

au gris

            de leurs ardoises

            d’antan

 

Et du rire et des joies

au marbre noir

            de leurs filiations avortées

            caveaux des Toussaints

 

Et t’y mettrais du jaune et du ROUGE

            en lieu du bleu vicieux

            dégoulinant

            de leurs eaux du dessus

 

Elei – Eleison

 

T’as essayé le vert à leurs champs spiritueux

            ils t’ont dressé des cierges

            en cantiques cryptés

            en de vierges pudiques

            chartreuse empoisonnée

 

T’as voulu mettre un mot

Pas dans le dos            un mot

Un mot devant – dessus – dessous

Un mot dedans

Un mot ROUGE qu’entendent les aveugles

ROUGE qui fait rire et pleurer les plus malentendants

 

            ils t’ont répondu

            chasteté au calice !

            Assomption !

            Salve Regina !

            Mater misericordiae !

 

Vade Retro !!!

 

Mais toi, ni Madone et ni Pute

Et ni Louise et ni Jeanne

 

Sorcière Boréale

 

T’as de la glace            Pilée aux reins              Pilées aux seins

 

Du feu que t’as gardé

            ils

            n’en peuvent plus

            n’en n’ont plus

            n’en veulent pas

 

Tu cries, tu pleures encore…   tant pis pour eux

qu’ils jettent leur sel fin

te voient les lèvres ROUGE

de Sodome en Ghomore

 

Tu ne te feras pas         Statue

            de verges-vagins

ceinturés

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24 janvier 2007

 

Dois-je aussi être éboueur ?

 

Ce n’est pas de boue… que je parle

mais des pollutions noires

            des marées nocturnes

Ce n’est pas debout, c’est la tête et le cou et le Bas – Ventre

grouillant… que je parle

 

Cauchemar !

 

Submergé où nul dauphin, ni même prince

            vient s’y baigner

C’est la bouche d’ombre emplie

            les pupilles mazoutées

            le sexe englué

            sans la caresse d’un adieu

            sans nageoires, sans ailes

            « Nu, sinistre et les pieds tirés… »

 vers la terre…

 

même l’archange au yeux de lumière n’y viendra pas

 

Où ?

 

Au dépotoir des interdits

tes  interdits !

quand la sirène retentit

que l’océan se soustrait

qu’il escalade les montagnes

pour ne pas voir

 

Ne pas voir !

 

De tes pétroliers déchirés, livrant leur progéniture assassine, dans le sang noir du

                        Graal

                                   Saint

 

Croître et multiplier !

Ô ! douce chimère des Sans-Rêves, pour boire à la coupe, boire encore à la douce jeunesse…

S’abreuver au Mystère du désir innocent

Ô ! boire encore !… dans l’extase infanticide

 

notre père qui êtes…

paire de canines

 

Et devrais-je être l’éboueur ?

            Certes non !

            Car j’ai – de droit, fils de l’homme

                        des vignes promises

                        aux raisins de colères

            Car j’ai – de droit, fils de la mer, fils de l’eau

                        de me soustraire

aux marées noires

et de ne pas boire à ta coupe

 

ta coupe est vide

de ton absence

 

Je garderai mon innocence

            dans la violence de mes désirs

            je planterai mon utopie

            aux cimes

            des jouissances terrestres

 

Je veux qu’on l’entende gronder

            loin…

                        mon tonnerre !!!

 

Je ne serai pas éboueur !

Ni même agneau de sacrifice !

 

Meurs !

Au barillet !

                        Paire ou impair ?

            Faisons les jeux !

Le père… perd !

 

Je n’entends plus le bourdon qui plante ton clocher – ta croix – au sein des paresseux.

 

Je n’entends plus…

 

J’écoute…

car je sens battre un cœur…

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le 25 janvier 2007

 

Abandonnés ! Pourquoi !?

 

Lama sabachtani ?

            Commission ? d’analyse ? de compte ? règlement ?

            Rédemption ?

            Quand ? Qui ? Quoi ? Comment ?

 

Lama sabachtani ?

            Grosse commission ! La merde dans ton caddy !

            Pas de sucre à l’addition !

                        Sucre Candy ?             Non !

            Café salé !

                        Dégueuler rédemption !

 

Lama sabachtani ?

            A la 9ème heure

            Une éponde – du vinaigre – des piques

            Cortège assassin – As de pique

            Violation – Ultime cri – Ciel écarlate

            S’ouvrent les sépulcres

 

Lama sabachtani ?

            Avec tes griffes :

            clochers, tours insensées, temples érigés, serres plantées,

grappins crochetés du ciel sur la terre

pour qu’elle ne tourne plus et redevienne plate

écorchée, cerclée de l’abîme en cascades crachées

 

Lama sabachtani ?

            Le Pardon !

            Pour qui ? Pourquoi ?

            Des clous ? des épines ? les clous ?

                        ou les amours interdites ?!!!

            Rédemption !               Pour qui ?

            Les cons ? les pines ? les cons ?

            Procession de foies de volailles en batterie !

            Poule au coq ?

            Et nique et nique et colégramme !

            Tournent les salades de foi d’emplumés…

 

Lama sabachtani ?

                        J’inverserai tes cathédrales

                        les jupes retroussées

                        pour qu’on voit – à l’envers des transepts

                        les diablotins sculptés la queue en l’air

                        et les culs écarlates

 

Lama sabachtani ? Pourquoi m’as-tu abandonné ?

                        Parce que…

                        J’ai mis mon poing sanglant à l’entre-jour, à l’entrejambe ?

                                  

A la 69ème heure

 

                        J’ai retourné ta croix

                        Mais qu’y voit-on, à la croisée des bois ?

                        Un cœur saignant, la plaie au flanc ?

                        Non !

            Tu ne sais pas – tu ne peux pas – tu n’en as pas

            Ça le rassure ton troupeau

            Alors ?

 

 Lama sabachtani ?

                        Parce que le pagne s’est retroussé

                        à faire rougir le ciel et les joues du soleil

                        les fesses de la lune, la ligne d’horizon

 

                        l’un et l’autre accroupis en saillies écarlates

 

                        à la 69ème heure

 

                        l’une et l’autre enlacées, honteusement tissent le voile

                        ce fut alors       -          la nuit              -          Négresse et Païenne

 

Lama sabachtani ?

                        Parce que le pagne est tombé

                        Je bande          -          Nom de dieu ! que de nommer

                        Ma Queue

 

Sabachtani ? Abandonnés !

                        Non !               S’abandonner !

                        Dans un éjacula, rallumer les étoiles

                        faire jaillir dans son dernier grand cri

                        tracer, signer la voie lactée

                        rendre l’esprit et l’étoile aux bergers

 

                        A la 69ème heure

 

                        Je bande          -          Ainsi – sois – Je

                        Il en déplait ?

                        Qu’il en déplaise…

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29 janvier 2007

 

Ex-amen

Tété Deum

Rectum Dei

 

Je vous attends – God – Michel – Archange

Des langes pour ma confesse

 

Tété Deum

Rectum Dei

 

Caca-tholique – Miserere – Osez !

Qu’on me transept à l’Angélus

 

Tété Deum

Rectum Dei

 

Saints tété – Seins – Filii Evae – Oculos me – Retro Retro

 

Tété Deum

Rectum Dei

 

Nostra Salve – Pour dix Mater, trois Pater ou dix écus…….le pêcheur loue……..Ange

Locus in excellcis chaos

 

Tété Deum

Rectum Dei

 

A l’Ascension – Marie haute – Marie basse

Flux et reflux

Lux……. sur Tenebris

 

Tété Deum

Rectum Dei

 

Vini, vici – mater Mater – tâter Pater

Hosanna ! au presbytère – messe à l’envers sous-ta-nef – Elle habite Ô sanctuaire

Amamus – Amamus

On osa ! Hosanna !

 

Tété Deum

Rectum Dei

 

J’hose, na ! Pêcheur !

Offenser, tant et tentationner – Convertir – J’ose, na !

 

 

Tété Deum

Rectum Dei

 

Te clamamus !

 

Maso Raison – Ô ! par vice allongé

Expier nu sur la voie transver-sale au cockpit

Ma chair – Capella – benoîtement s’y fixe – crue

 

Tété Deum

Rectum Dei

 

Pur’ colomb… organique, orgasmique – Orphéon

S’adonne en chœur – Fa – Do – Sado – facile ami

Sodome au sol – Corpus – Madone – Missel – mi-lui

 

Suspiramus !

 

Tété Deum

Rectum Dei

 

Amamus

Ex-amen